Une plainte prise au sérieux par l’hôpital

Article paru le 20 février dans le Messager Verdun.

L’hôpital de Verdun ne peut commenter les faits survenus entre le 20 et le 23 janvier, à la suite de la lettre de Sonia Lavoie relatant les traitements de fin de vie administrés à son frère – mais assure que toutes les plaintes reçues sont prises au sérieux.

«Le dossier est présentement sous enquête, et nous n’avons pas l’identité de la personne qui a rédigé la lettre», soutient Monique Guay, directrice des communications du Centre de santé et de services sociaux du Sud-Ouest–Verdun.

«La culture de l’établissement, c’est d’être sensible au traitement de notre clientèle, particulièrement au niveau de l’oncologie et des soins palliatifs», souligne le Dr Jocelyn Barriault, chef de l’urgence et directeur des services professionnels de l’hôpital de Verdun.

90% de taux de satisfaction
Le médecin ajoute que l’hôpital est en processus d’agrément – un processus de vérification des établissements de l’organisme Agrément Canada.

«Nous réalisons certains sondages, dont un au niveau de notre clientèle, qui s’est dite satisfaite à 90% de la qualité relationnelle avec les employés de notre établissement», maintient le Dr Barriault.

Il se montre prudent face à la version des faits de Mme Lavoie, et affirme qu’il faut tenir compte des deux côtés de la médaille. Le Commissaire des plaintes fera une évaluation des faits.

«L’objectif premier [des soins palliatifs] est de s’assurer que le patient soit confortable.»

Un processus de plaintes remis en question
Me Paul Brunet, président et directeur-général du Conseil pour la protection des malades, a été touché par le récit de Sonia Lavoie et affirme que de porter plainte n’est pas toujours efficace.

Ce témoignage m’afflige énormément, dit-il. Les gens ne sont pas imputables dans les hôpitaux. (…) C’est très rare qu’il y a des conséquences et, si jamais il y en a, il faut que ça ait été très grave. Il y a souvent des rappels des procédures.»

Il se demande si l’instance mise en place pour s’occuper des plaintes des patients est fiable.

«On peut souhaiter que le Commissaire aux plaintes condamne les gestes, mais souvent, le Commissaire aux plaintes travaille dans le bureau d’à côté de celui du directeur général de l’hôpital.»

Pas des boîtes de carton
Pour Me Brunet, les soins palliatifs font partie des soins les plus importants dans un établissement de santé.

«S’il y a un moment de la vie où on espère que les patients soient bien traités, c’est bien lors de la fin de vie. (…) Ce ne sont pas des boîtes de carton dont on s’occupe, ce sont des êtres humains.»

Quelles sanctions?
Il a été impossible de savoir quelles sanctions pourraient être réclamées contre un membre du personnel qui est négligeant envers les patients.

«On ne peut pas répondre à cette question-là et on ne répondra pas à cette question-là», rejette Mme Guay.

«Si on a la conviction, après avoir revu le dossier, qu’il y a eu négligence volontaire, ce n’est pas la même chose que quelqu’un qui a fait une erreur, précise le Dr Barriault. Il faut comprendre que tous les humains ont droit à l’erreur. Il faut s’assurer de savoir ce qui s’est passé exactement.»

L’important, selon le médecin, n’est pas la nature de la punition, mais plutôt de s’assurer que des situations fâcheuses ne se reproduisent pas.

Me Paul Brunet encourage les patients et les familles des patients à porter plainte à l’hôpital lorsqu’ils n’ont pas accès à des soins acceptables. On peut également contacter le Conseil pour la protection des malades au 514 861-5922 ou par courriel à info@cpm.qc.ca.

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Lettre ouverte: Traitements de fin de vie «inadmissibles» à l’hôpital de Verdun

Paru le 20 février 2015 dans Le Messager Verdun

Une résidente de L’Île-des-Sœurs, lance un véritable cri du cœur pour que les soins de santé s’améliorent au Québec. Dans une lettre envoyée à TC Media, elle raconte les circonstances du décès de son frère et les traitements qui lui ont été administrés à l’hôpital de Verdun il y a moins d’un mois. Sonia Lavoie tranche, «ce qui est arrivé à mon frère est inadmissible».

Le 20 janvier, Jean-Guy Lavoie, le frère de Sonia, est hospitalisé à l’hôpital de Verdun. L’homme qui souffre déjà d’un cancer est victime de problèmes respiratoires et vraisemblablement d’une grippe.

«Au triage, le personnel médical fait un travail irréprochable, écrit Mme Lavoie. Mon neveu et ma sœur expliquent au médecin que mon frère est en phase terminale, en plus d’avoir une artère bouchée. Le médecin pose son diagnostic: la fièvre se conjugue avec une pneumonie. La fin est proche. Le malade ayant déjà fait savoir qu’il ne voulait pas être soigné, il est convenu de l’isoler dans une chambre de l’urgence (par crainte d’une infection nosocomiale) en attendant qu’une chambre se libère pour qu’il reçoive des soins palliatifs.»

Soins palliatifs déficients
Mais voilà, les soins administrés à M. Lavoie n’étaient semble-t-il pas suffisants selon sa soeur. «On lui administre des soins palliatifs qui n’ont guère pallié sa douleur. On se croirait, non pas au Québec en 2015, mais plutôt en Azerbaïdjan en 1972. À l’urgence, les soins se limitent à l’inhalothérapie aux deux heures.»

Le temps passe et la situation ne s’améliore guère pour M. Lavoie.

«Incontinent, il se plaint d’être mouillé. Mon neveu se rend au poste des infirmières pour qu’on le change; personne n’avait pensé installer une sonde, se souvient l’auteure de la lettre. Une heure plus tard, personne n’est encore venu au chevet du malade. Le médecin fait sa visite et dit à mon neveu de réitérer sa demande. L’infirmière du poste lui répond que ce n’est pas son travail et l’invite à trouver un préposé. Le fils finit par en trouver un qui accepte de changer mon frère.»

Mme Lavoie avance que le personnel de l’urgence traite son frère comme s’il était déjà décédé. «À l’exception du médecin qui fait sa ronde le matin, personne ne vient s’enquérir de son sort.»

«Hé! Capitaine! As-tu faim?»
Dix-huit heures se sont écoulées depuis qu’il a été admis à l’urgence de l’hôpital de Verdun.

«Un préposé entre avec un plateau et hurle: « Hé! Capitaine! » As-tu faim? » Il secoue brusquement le pied de mon frère pour attirer son attention. Mon neveu répond qu’il est mourant, mais qu’il n’est pas sourd. La douleur s’intensifie, mais les médicaments administrés ne suffisent pas. Le médecin prétend qu’il ne faut pas assommer le malade. Nous sommes d’un tout autre avis.»

«Ça fait partie du processus»
Pour la sœur du patient, le spectacle est intolérable. Le 23 janvier, l’homme de 76 ans est décédé. Les heures qui ont mené à son décès ont été difficiles.

«Vers 15 h, nous demandons à l’infirmière d’augmenter sa médication pour apaiser ses souffrances, se rappelle-t-elle. Mais c’est presque un crime de lèse-majesté que d’oser contester le protocole. On nous répond machinalement que c’est le changement de quart et qu’il faudra être « patient ». Les esprits s’échauffent. Vers 19 h, mon neveu est resté seul au chevet de mon frère. Les secrétions s’accumulent dans la gorge et débordent même sur les lèvres. On croirait entendre un percolateur à puissance maximale. Quatre-vingt-dix minutes se sont écoulées et pas l’ombre d’une infirmière à l’horizon. Mon neveu essaie tant bien que mal de lui nettoyer la bouche. Il aborde une infirmière qui accepte de venir s’occuper de son père… une demi-heure plus tard, mon neveu pose des questions et on lui répond que « ça fait partie du processus ».»

«Mon frère cadet et moi sommes de retour vers 21 h et nous ne pouvons plus supporter que notre frère soit ainsi laissé à lui-même pour vivre ses dernières heures, explique-t-elle. Nous décidons d’engager une infirmière privée pour lui prodiguer les soins nécessaires pendant la nuit, une présence qui n’a guère eu l’air de plaire à l’infirmière de nuit. Vers minuit trente, au moment où nous nous apprêtons à partir, mon frère finit par trépasser.»

Sonia Lavoie termine sa lettre sur un constat poignant. «Non seulement notre système de santé est un gouffre financier sans fond, mais la culture organisationnelle déshumanisée semble systémique et immuable. En définitive, ce sont toujours les bénéficiaires, qui ne bénéficient pas toujours des soins nécessaires, qui doivent être patients, très patients, et soumis. Mais parfois la majorité silencieuse a elle aussi envie de dire que ça suffit.»

Le dossier fait officiellement l’objet d’une plainte à l’hôpital de Verdun.

Comme une enquête a déjà été ouverte dans cette affaire, le Centre de Santé et de Services Sociaux de Verdun n’a pas pu commenter directement.

Stéphane Dion est demeuré enfermé durant cinq heures

Article publié le 27 octobre 2014 dans le Nouvelles Saint-Laurent

 

stephanie dion

Stéphane Dion se trouvait dans son bureau du Parlement lorsque les premiers coups de feu ont retenti à Ottawa, la semaine dernière. Sécurité oblige, le député fédéral de Saint-Laurent – Cartierville est resté enfermé durant plus de cinq heures.

Après avoir passé la matinée à se préparer pour la réunion du caucus libéral, M. Dion s’apprêtait à quitter son bureau lorsqu’il a entendu des coups de feu dans le Parlement, vers 9 h 50.

« Tout a résonné », se remémore-t-il.

En compagnie de deux adjoints parlementaires, le député a décidé de rester sur place. Il y est demeuré enfermé jusqu’à 15 h 15.

Pendant la fusillade, M. Dion espérait que personne ne soit blessé ou atteint. Mais en huis clos, n’ayant accès qu’à peu d’informations, le député de Saint-Laurent – Cartierville ne connaissait ni le nombre de victimes ni le nombre d’agresseurs.

« Quand on comprend que l’on n’aura pas de réponse à toutes ces questions, on fait exactement ce que l’on nous demande de faire. Il a fallu se barricader, ne pas bouger et laisser les professionnels de la sécurité faire leur travail. »

La Gendarmerie royale du Canada et les forces militaires ont réagi rapidement après que Michael Zehaf-Bibeau a atteint mortellement le caporal Nathan Cirillo. Le soldat réserviste d’Hamilton est décédé à l’âge de 24 ans.

 

Le tireur s’est ensuite dirigé vers le Parlement. Une quinzaine de coups de feu ont retenti avant que Zehaf-Bibeau ne soit abattu par le sergent d’armes du Parlement, Kevin Vickers.

Stéphane Dion dit ne pas laisser cet incident l’angoisser.

« Ça me renforce dans ma fierté d’être un parlementaire canadien et d’être le représentant de Saint-Laurent – Cartierville. Nous avons des valeurs à défendre et je suis plus déterminé à le faire maintenant. »

Des règles de sécurité à revoir

La fusillade qui a secoué le pays est survenue deux jours après un attentat commis à Saint-Jean-sur-Richelieu qui a coûté la vie à un membre des forces armées canadiennes.

Le député de Saint-Laurent – Cartierville croit que l’on devra se pencher sur des questions de sécurité.

« Il faut que les experts regardent ce qui s’est passé, apprendre de cela. Ils sont à l’œuvre pour s’assurer que, si jamais une telle chose arrivait, on pourrait intervenir plus rapidement. »

Il ajoute également que la Loi antiterroriste a été modifiée récemment et que d’autres mesures pourraient être envisagées. Il rappelle toutefois que le respect des droits et libertés est aussi important que la protection des citoyens canadiens.

Situations épouvantables pour immigrants

Publié dans le Nouvelles Saint-Laurent, le 11 juin 2014

Article cité dans Lien social et Politiques

maria vasquez

De nouveaux arrivants à Saint-Laurent se retrouvent dans des situations de logement précaires, ne connaissant pas toujours leurs droits et n’osant pas toujours porter plainte contre leurs propriétaires.

Maria Vasquez, coordonnatrice et intervenante au Comité logement Saint-Laurent est présente pour aider les nouveaux arrivants qui se retrouvent dans des appartements insalubres. Elle prétend entendre des histoires d’horreur sur une base quotidienne.

«J’ai visité plusieurs logements à Saint-Laurent, parfois seule, parfois avec des inspecteurs de la ville ou du ministère de la Sécurité publique.»

Moisissures extrêmes, invasion d’insectes, refoulement d’égouts réguliers… Maria en a vu de toutes les couleurs.

«Je suis estomaquée parfois de ce que je peux trouver dans les logements, déplore-t-elle. Des excréments sur le sol suite à des refoulements d’égouts, une odeur de puanteur, c’est terrible.»

Les insectes et rongeurs font également partie des raisons principales pour lesquelles les locataires se plaignent.

«Les nouveaux arrivants ne connaissent pas toujours leurs droits et ne pensent pas qu’ils ont des recours.» L’intervenante tente par tous les moyens de faire connaître son organisme afin que les nouveaux arrivants puissent se prévaloir de leurs droits.

De plus, elle souligne qu’elle accueille souvent des familles qui ont plusieurs enfants et ne touchent pas à un salaire suffisant. «Ils n’ont pas toujours les moyens de payer les frais d’ouverture de dossier à la Régie du logement».

Support de la ville

Mme Vasquez souligne que la ville de Montréal et l’arrondissement de Saint-Laurent se sont sentis interpellés par la situation et des rencontres ont été organisées dans ce dossier. Des mesures sont présentement prises et étudiées afin de prévenir ce type de situation.
De plus, Paul Lanctôt, porte-parole de l’arrondissement, affirme que le conseil a accordé, au mois de juin, une subvention de 11 290$ pour un «programme de réduction durable de l’insalubrité dans les logements locatifs de Place Benoit».

Bien qu’elle soit reconnaissante de l’aide offerte, l’intervenante ne trouve pas que c’est assez. «Les élus – autant au fédéral, au provincial qu’au municipal – réfèrent des locataires à notre organisme. Pourtant, la solution urgente, c’est le besoin criant de logements sociaux!»

Elle explique que les résidents référés sont parfois très frustré de constater que l’organisme ne peut l’aider à trouver un logement social. «On peut les mettre sur une liste d’attente… d’environ 10 à 15 ans!», déplore la femme.

Surveillez notre suivi à ce sujet dans la prochaine édition de Nouvelles Saint-Laurent.

Un organisme de Parc-Extension veut briser le moule

L’organisme ÉquiLibre, sous la direction de la nutritionniste Fannie Dagenais, lance un site Internet destiné à la population. L’idée? En finir avec les régimes privatifs et reprendre le contrôle sur son poids santé.

« Le mois de janvier est l’une des périodes les plus lucratives, si ce n’est pas la principale, pour l’industrie de l’amaigrissement au cours d’une année, avance Mme Dagenais. Avec les résolutions du Nouvel An, on en parle partout, on dirait que tous les astres sont alignés pour amener les gens à se motiver à perdre du poids. »

Bien que la volonté de faire fondre les kilos soit une résolution positive, certaines méthodes sont à déconseiller et peuvent nuire à la santé. Possédant une maîtrise en nutrition, Mme Dagenais met en garde les intéressés contre certaines de ces pratiques.

« Il faut faire preuve de prudence, car il y a beaucoup de méthodes sur le marché. Des produits ou services amaigrissants qui présentent des risques pour la santé physique et mentale. On veut encourager les gens vers le changement graduel de leurs habitudes de vie et surtout, à consulter des professionnels de la santé qui sont reconnus. »

Un site Internet qui regorge d’information

Une équipe professionnelle, composée notamment d’une nutritionniste, d’une travailleuse sociale, d’une kinésiologue et d’une psychologue, est derrière la création de ce site. La population est invitée à poser des questions, qui seront ensuite répondues sous la forme de billets de blogue.

Mme Dagenais concède qu’il y a parfois des obstacles qui empêchent les gens de se tourner vers un professionnel de la santé. « Les listes d’attente dans les CLSC peuvent être longues. Au privé, ça peut être cher. Avec le site, les gens ont la possibilité d’avoir des réponses et de bonnes informations, gratuitement. Il y a beaucoup de mauvaises informations qui circulent sur Internet. On donne l’opportunité aux gens de discerner le vrai du faux. On y trouve plusieurs outils et d’autres s’ajouteront. »

Une ambassadrice motivée

Amélie Grenier, la pétillante comédienne que l’on pourra voir dans la prochaine saison d’Unité 9, s’est associée pour une troisième reprise à l’organisme. « ÉquiLibre offre des outils vraiment concrets, faciles et accessibles. Je me suis servie de ces outils et je continue de le faire. Ça m’a aidé dans mon propre équilibre. Je bloguerai de mes expériences personnelles, de mon poids, de mon image, des anecdotes de personnes qui m’entourent sur le site. Je ne suis pas la seule là-dedans. Quand on parle de ce sujet, on se rend compte qu’il y a énormément de gens qui en sont préoccupés. »

L’organisme tente également de promouvoir la diversité corporelle. Pour Mme Grenier, qui est splendide dans sa différence, c’est un sujet qui lui tient à cœur.

« Nous sommes tous différents et ça commence à changer [à la télévision]. Justement avec le personnage de Me Marois, dans Unité 9, on me sort des rôles de mères et on me donne un rôle de femme de carrière. Le milieu tend à s’ouvrir et c’est un beau début. »

« Il faut arrêter de feuilleter des revues à outrance et de se gaver des images que l’on nous envoie. Au lieu de se fier à ce qui est à l’extérieur, pourquoi ne pas se rebrancher sur soi? Il faut revenir à nos propres signaux de satiété et de faim et écouter son corps », conclut-elle.

On peut consulter le site Internet de l’organisme au www.monequilibre.ca. ÉquiLibre, 7200, rue Hutchison, bureau 304. 514 270-3779.

Paralysé, David redécouvre l’hiver grâce à un entrepreneur Verdunois

david

Article publié dans le Messager Verdun

Pas facile de se promener l’hiver lorsque l’on est confiné à un fauteuil roulant, mais grâce à l’ingéniosité et à la générosité d’un entrepreneur de Verdun, David, 8 ans, atteint de paralysie cérébrale, peut désormais profiter des joies de l’hiver.

Nathalie Richard, mère du petit David, trouvait ardu et laborieux de pousser son enfant dans les rues enneigées et glacées de Verdun. Les sorties demeuraient donc limitées, au grand dam de David, qui adore l’hiver.

«Je cherchais une solution, car il aime sortir, explique-t-elle, lors d’une rencontre avec TC Media. On allait de moins en moins dehors, car ça devenait compliqué.»

Un prototype pour David
C’est lors d’une visite à la boutique Sport Campus que la mère explique son cas, sans trop d’attente, au gérant de l’entreprise.

«Le propriétaire, Laurent, m’a entendu parler et est venu prendre le relais de la conversation. Tout de suite, il a voulu aider.»

Après quelques recherches, le propriétaire du magasin de sport, aidé de son technicien, Gabriel, développe un mécanisme qui permet de fixer des skis spéciaux au fauteuil de David.

«Il m’a rappelé quelques semaines plus tard, car il voulait que j’essaie un prototype.»

L’expérience s’avère un succès: David peut de nouveau profiter de l’hiver et cesser de regarder la neige tomber par la fenêtre.

«Je peux l’amener au parc, le promener, il est heureux dehors, et moi j’adore le plein air.» La mère est reconnaissante envers son bon samaritain.

Père de famille «chanceux»
Laurent Gagnon admet ne pas avoir hésité lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure.

«C’est important que les enfants puissent avoir du plaisir et puissent faire des activités, remarque-t-il en entrevue téléphonique. Je suis père de quatre enfants en santé – je touche du bois.»

Le propriétaire de l’entreprise familiale a déjà travaillé dans le domaine de l’aéronautique.

«J’ai eu un patron un jour qui m’a dit que rien n’était impossible. La mère est arrivée avec un problème, je savais qu’il serait facile de l’aider.»

M. Gagnon a déjà reçu des demandes d’autres familles qui aimeraient avoir des skis spéciaux. Il aidera, mais ne veut pas commercialiser son invention.

Sortir dehors
Dehors, il n’y a pas que le froid et la neige qui attendent David. C’est une aventure à chaque sortie.

« Lorsqu’on sort à l’extérieur, il tombe comme dans la lune, rapporte sa mère. Il a l’air de dormir les yeux ouverts en fait. Il est éveillé, mais il se repose.»

Pour elle, c’est également un moment de répit : «Ça me permet d’être plus calme et patiente avec David.»

Un choc
C’est à la 32e semaine de grossesse qu’elle reçoit la nouvelle fatidique: David a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) dans son ventre.

«C’est un choc, se rappelle-t-elle. C’est dur à absorber.»

C’est à l’âge de 3 mois que le diagnostic tombe: paralysie cérébrale, épilepsie, cécité, déficience intellectuelle. Au fil des ans, David fait tellement de crises d’épilepsie – jusqu’à 20 par jour – que la neurologue donne un pronostic sombre: il devra se faire opérer au cerveau, sinon, il ne lui restera que 4 ans à vivre.

Des petits miracles
Le 14 mars 2013, les chirurgiens retirent le tiers du cerveau de David et déconnectent les deux hémisphères, afin de limiter les possibilités de crises d’épilepsie.

Depuis, sa qualité de vie s’est grandement améliorée.
«Je ne m’attendais pas à ce qu’il continue d’évoluer. Maintenant, il parle plus, il se nourrit, il regarde des livres tranquillement… Avant, il n’avait aucun intérêt pour les jeux», raconte sa mère, qualifiant de «cadeau» l’amélioration de l’état de santé de son fils.

Pont local à Verdun : échéancier contesté

Paru dans le journal Métro, en pages 8 et 9 , le 15 décembre 2014

pont-verdun

D’ici 2018, le maire de Verdun veut construire un pont local d’environ 35 M$ pour atténuer la circulation qu’occasionnera la construction du nouveau pont Champlain. L’opposition au conseil d’arrondissement demeure sceptique et qualifie l’échéancier de «très ambitieux».

Jean-François Parenteau, le maire de Verdun, persiste et signe : le pont local entre la terre ferme et L’Île-des-Sœurs viendrait bonifier les mesures de mitigation qui seront déjà élaborées par le gouvernement fédéral afin de minimiser l’impact sur la circulation des voitures.

«Si on arrivait avec cette mesure, ça serait beaucoup plus fluide pour la circulation. Le pont viendrait alléger le flot de trafic pour le temps des travaux sur le pont Champlain», explique M. Parenteau.

L’arrondissement espère boucler les démarches préliminaires en vue de l’aménagement du pont local en 2017. La construction, elle, s’achèverait quelques mois plus tard. Or, l’ouverture à la circulation du pont Champlain est prévue pour 2018.

Échéancier irréaliste selon Projet Montréal

Projet Montréal remet en question le calendrier prévu pour la construction.

«Je mets en doute cette échéance…», laisse planer la conseillère de l’opposition de l’arrondissement de Verdun, Marie-Andrée Mauger. Selon elle, les échéanciers prévus par l’arrondissement sont «très, très ambitieux».

Jennifer Whiteside, coordonnatrice de l’association locale de Projet Montréal à Verdun, n’est pas convaincue de la pertinence de la mesure de mitigation. Elle croit que le pont ne fera qu’augmenter l’utilisation de l’automobile à Verdun, qui est déjà un problème, selon elle.

«Il y a plusieurs questions à propos de la faisabilité de ce plan. Je crois également qu’il est important de mentionner que nous travaillons avec un grand manque de renseignements. Il n’y a toujours pas d’études sur l’impact environnemental – le trafic, le bruit, la pollution. (…) L’échéancier n’est pas réaliste.»

Études exhaustives
Le maire de Verdun ne pense pas que les délais soient irréalistes ni qu’il soit superflu de prévoir une nouvelle mesure de mitigation.

«C’est la portion [du futur pont Champlain] juste sur le dessus du fleuve qui sera prête en 2018, explique le maire. On n’a pas fait l’autoroute, le prolongement, etc. Il va y avoir une circulation, mais tout n’est pas terminé en 2018. Les travaux se poursuivent jusqu’en 2020.»

Adel Francis, un ingénieur et professeur à l’École de technologie supérieure pense que la construction du pont pourrait se faire rapidement, mais que le travail qui doit être fait en amont est fastidieux.

«Quand on voit tout ce que la construction d’un pont implique, on voit que c’est très complexe.»

Bien que les échéanciers de l’arrondissement ne soient pas farfelus, selon M. Francis, il faudra que tous les astres soient alignés afin d’obtenir études et permis à temps.

«Les délais avant la construction seront très prolongés. Il faut faire des permis et de nombreuses études. On doit penser aux études hydrauliques et hydrotechniques, on doit obtenir les certificats d’autorisations environnementales et faire les devis, les plans, etc.»

L’expert du département de génie de la construction ne veut pas s’avancer sur les chances de réussite du projet, car les détails ne sont pas connus.

Projet embryonnaire
Pour l’instant, le projet demeure assez embryonnaire. Une analyse des besoins est en cours. Le projet final sera prêt à être présenté en février.

Le montage financier est également en chantier.

«C’est certain que je ne veux pas que ce soit aux Verdunois à payer la facture, argue le maire. C’est une question de sécurité publique. Québec paiera pour la sécurité incendiaire et la ville aussi.»

Les études à faire seront entamées dès la présentation du projet au mois de février.

« Si la mesure n’est pas à son maximum, conclut le maire, c’est un pont qui demeure efficient pour les mesures d’urgence et c’est une bonne chose pour le transport commun.»